Phil Collins, c’est un parcours qui défie les modèles établis. Chanteur, compositeur, producteur, acteur britannique, il a traversé les décennies en faisant vibrer la scène mondiale. Son nom s’impose avec force parmi ceux qui ont façonné la musique britannique, et sa polyvalence n’a jamais perdu de sa puissance. C’est une trajectoire qui intrigue et fascine, un itinéraire marqué par la passion, la persévérance et la créativité. Si l’envie d’en savoir plus sur ce géant de la musique vous a mené ici, vous êtes exactement là où il faut être.
Phil Collins : Naissance et premiers pas
Le 30 janvier 1951, à Chiswick, Phil Collins voit le jour sous le nom de Philip David Charles Collins. Dès l’enfance, il se passionne pour la musique. À cinq ans, il découvre la batterie et s’immerge dans les rythmes, un instrument qui deviendra son identité. Mais ce n’est pas tout : grâce à sa mère, June Strang, employée dans une agence de théâtre, il se frotte très tôt au monde du spectacle. À douze ans à peine, il multiplie les apparitions à la télévision, pièces de théâtre, publicités, séries. Il incarne notamment Artful Dodger dans la comédie musicale « Oliver » et joue dans la série « Calamity the Cow » de la Children’s Film Foundation.
Malgré cette exposition précoce, il n’est pas encore comblé. Son objectif reste clair : devenir batteur professionnel. Pour y parvenir, il rejoint plusieurs groupes, The Real Thing, Charge, et fonde même sa propre formation, Freehold. C’est avec ce groupe qu’il écrit en 1968 sa première chanson, « Lying, Crying, Dying ».
Phil Collins : L’entrée dans la cour des grands
À dix-huit ans, Phil Collins change de dimension en partant en tournée avec l’Américain John Walker. Sur sa lancée, il fonde avec Ronnie Caryl et deux musiciens rencontrés en route un groupe baptisé Hickory. Leur single « Green Light/The Key » sort en janvier 1969. Le groupe, rebaptisé Flaming Youth, connaîtra un succès éphémère mais marquant pour le jeune musicien.
En 1970, une annonce parue dans le magazine Melody Maker va tout bouleverser : Genesis cherche un nouveau batteur. Collins tente sa chance, réussit l’audition et intègre la formation. Il enregistre cinq albums en tant que batteur avec le groupe, « Nursery Cryme », « Foxtrot », « Live », « Selling England by the Pound », « The Lamb Lies Down on Broadway ». Il s’essaie aussi au chant sur certains morceaux, parfois en duo avec Peter Gabriel, parfois en solo, comme sur « For Absent Friends » (album « Nursery Cryme ») ou « More Fool Me » (« Selling England by the Pound »).
L’importance de Collins au sein de Genesis explose après le départ de Peter Gabriel en 1974. Les auditions pour le remplacer restent infructueuses, alors Collins, déjà habitué au micro, devient le chanteur principal tout en continuant de jouer de la batterie en studio. Sur scène, il alterne entre batterie et chant, selon les titres et l’ambiance du concert.
Phil Collins : L’apogée
En 1976, Genesis dévoile « A Trick of the Tail », premier album avec Phil Collins au chant et à la batterie. Ce disque rencontre un succès retentissant. Mais l’artiste ne s’arrête pas là : il enregistre et joue pour d’autres musiciens, comme Steve Hackett (« Voyage of the Acolyte ») ou le groupe Thin Lizzy (« Johnny the Fox »). Il commence en parallèle à travailler sur son premier album solo. « Face Value », sorti en février 1981, propulse Collins au rang de superstar internationale, se classant numéro un dans sept pays.
Ces accomplissements multiples lui valent une pluie de distinctions et de reconnaissances, dont voici quelques exemples marquants :
- Personnalité de l’année MusiCares
- Disney Legend
- Johnny Mercer Award
- Sept Grammy Awards
- Oscar
- Deux Golden Globes
- Étoile sur le Hollywood Hall of Fame
Phil Collins : Obstacles et résilience
Le parcours de Phil Collins n’a rien d’un long fleuve tranquille. En 2000, sa séparation avec Orianne Cevey, sa troisième épouse, le plonge dans une période sombre. Cette douleur se retrouvera dans l’album « Testify ». Plus tard, un problème de dos chronique l’oblige à mettre sa carrière entre parenthèses, l’éloignant de la scène pendant de longues années.
Mais l’homme n’a pas dit son dernier mot. En 2017, après une opération délicate de la colonne vertébrale, il fait un retour remarqué avec la tournée « Not Dead Yet ». Un défi personnel majeur, avoue-t-il, mais la joie de retrouver son public l’emporte sur les difficultés physiques.
Les épreuves ne s’arrêtent pas là. Au fil des années 80 et au début des années 90, il lutte contre des acouphènes qui altèrent sérieusement son audition et nuisent à son travail de musicien. Grâce à une opération, il finit par surmonter ce handicap, mais cette période difficile laisse des traces profondes.
Malgré tout, Phil Collins n’abandonne jamais la musique. Il écrit, produit, collabore avec des artistes aussi divers qu’Adele ou les New Power Generation. En 2016, il livre une autobiographie au titre évocateur, « Not Dead Yet », où il revient sans détour sur son parcours, ses succès et ses tourments.
Sa capacité à rebondir, à rester créatif et à s’investir dans de nouveaux projets force le respect. Phil Collins s’impose comme une figure incontournable de la scène britannique, un artiste qui a su traverser les tempêtes sans jamais perdre sa voix ni son talent.
Phil Collins : Un héritage qui résonne
Le style inimitable de Phil Collins, ses mélodies reconnaissables entre mille, ont définitivement marqué l’histoire de la musique. Des titres comme « In the Air Tonight », « Against All Odds » ou « Another Day in Paradise » continuent de tourner sur les ondes, traversant les générations sans prendre une ride.
Son influence se fait sentir chez de nombreux artistes d’aujourd’hui, qui s’inspirent de sa capacité à fusionner les genres et à créer des morceaux singuliers. Collins a aussi contribué à façonner l’identité de Genesis, passant du rôle de batteur à celui de chanteur principal après le départ de Peter Gabriel. Les titres « Mama », « Land of Confusion », « Invisible Touch » font désormais partie du patrimoine musical mondial.
Mais Phil Collins ne s’est pas limité à sa carrière solo. Il a prêté sa voix et son talent à des collaborations marquantes, notamment avec Eric Clapton sur « I Wish It Would Rain Down ». Il a également composé et produit la bande originale du film Disney « Tarzan » en 1999, décrochant l’Oscar de la meilleure chanson originale pour « You’ll Be in My Heart ».
Malgré la reconnaissance internationale, il reste modeste quant à l’ampleur de son héritage. Lors d’une interview au Guardian UK en 2016, il confiait ne pas chercher à révolutionner la musique, mais simplement à créer de belles chansons, espérant qu’elles touchent les gens.
Phil Collins laisse derrière lui une empreinte durable, une œuvre qui continuera d’accompagner les générations futures. Sa capacité à fédérer des publics venus d’horizons variés autour de chansons intemporelles n’a rien perdu de sa force. Un héritage qui, malgré les épreuves, ne s’efface pas.
De la scène de Chiswick aux sommets du rock mondial, Phil Collins a prouvé qu’aucune route n’est toute tracée. Les projecteurs s’éteindront un jour, mais ses chansons, elles, ne cesseront de résonner.


