Surtaxe résidences secondaires : quelles communes concernées en France ?

2 millions de logements, et un casse-tête pour les propriétaires : c’est le visage actuel des résidences secondaires en France, entre fiscalité qui grimpe et attentes des élus locaux toujours plus pressantes.

Des stations balnéaires aux villes de taille moyenne, de nouveaux territoires s’autorisent désormais à gonfler la note fiscale des propriétaires de résidences secondaires. Les taux, parfois revus à la hausse en un claquement de vote municipal, font peser une charge supplémentaire sur les budgets. Pas question de s’installer naïvement dans la routine : ceux qui possèdent un logement non occupé à l’année ont tout intérêt à suivre l’évolution des règles et à calculer, au plus juste, les conséquences sur leurs finances.

Surtaxe sur les résidences secondaires : de quoi parle-t-on exactement ?

La surtaxe sur les résidences secondaires correspond à une majoration de la taxe d’habitation imposée aux logements non occupés à titre principal. Face à la crise du logement et à la tension croissante du marché immobilier dans de nombreux secteurs, l’État autorise aujourd’hui les communes à renforcer la fiscalité sur ces biens, pour inciter les propriétaires à remettre leur logement sur le marché classique. L’idée est limpide : libérer des logements pour les habitants à l’année, pas pour les vacanciers de passage.

En pratique, une résidence secondaire désigne tout logement meublé, disponible, mais qui ne constitue pas la résidence principale de son propriétaire. La surtaxe habitation résidences secondaires ne s’applique qu’aux communes classées en zones tendues, c’est-à-dire là où la pression sur le logement s’intensifie. Les conseils municipaux de ces territoires ont le pouvoir d’adopter une majoration de la taxe d’habitation comprise entre 5 % et 60 % du montant initial.

Voici les principaux cas de figure concernés :

  • La surtaxe vise en priorité les propriétaires de logements vacants ou utilisés uniquement pour des séjours ponctuels.
  • Son taux fluctue d’une commune à l’autre, selon la délibération municipale.
  • Le calcul de la taxe habitation résidences secondaires ne change pas, mais la majoration s’ajoute après le calcul classique.

En revanche, les logements loués à l’année, ceux détenus pour des raisons professionnelles ou des motifs familiaux justifiés, échappent à cette hausse, sur présentation de justificatifs solides. Depuis 2023, la liste des communes concernées continue de s’allonger, touchant des secteurs où trouver un logement abordable relève de l’exploit.

Quelles communes appliquent la surtaxe et à quels taux s’attendre ?

Seules certaines communes concernées, situées en zones tendues, sont autorisées à activer la surtaxe sur les résidences secondaires. Aujourd’hui, environ 3 700 communes en France disposent de cette possibilité. La liste inclut aussi bien des métropoles comme Paris, Bordeaux ou Lyon que des villes touristiques emblématiques telles que Nice, Annecy ou Saint-Malo, sans oublier nombre de stations de montagne ou du littoral.

Mais tout dépend du choix local : chaque conseil municipal décide d’appliquer, ou non, la majoration, et fixe son niveau en fonction de la situation du parc immobilier. Le plafond national atteint 60 %, mais les taux réels varient largement d’une ville à l’autre.

Voici quelques exemples pour prendre la mesure des écarts :

  • À Paris, la surtaxe grimpe à 60 % pour toute résidence secondaire sur l’ensemble de la capitale.
  • Bordeaux et Lyon oscillent entre 40 % et 50 %, avec des variations selon les secteurs.
  • Stations balnéaires, villages alpins ou villes côtières appliquent généralement des hausses comprises entre 20 % et 40 %.

La liste des communes concernées par la surtaxe se modifie chaque année, en fonction des décisions municipales et des ajustements réglementaires sur les zones tendues. Avant toute projection, mieux vaut consulter la dernière délibération municipale ou les annonces préfectorales pour vérifier le taux exact appliqué à votre habitation résidence secondaire. L’enjeu est clair : réduire la location saisonnière pour réinjecter des logements sur le marché des résidences principales.

Propriétaires : quels impacts concrets sur votre budget et vos démarches ?

La surtaxe sur une résidence secondaire peut rapidement faire basculer le budget annuel. Elle s’ajoute automatiquement sur l’avis d’imposition, sans démarche supplémentaire, et dépend du taux fixé chaque année par la commune. Le supplément atteint parfois plusieurs milliers d’euros, notamment dans les secteurs où la tension immobilière flambe, et il s’ajoute à la taxe foncière ainsi qu’aux éventuels prélèvements liés à la gestion locale.

Pour les propriétaires bailleurs en location saisonnière, la rentabilité du bien peut s’en trouver sérieusement entamée. Un changement de taux d’une année sur l’autre, et c’est tout le calcul de rentabilité qui vacille. Les propriétaires doivent donc s’armer de vigilance et surveiller les décisions municipales, qui peuvent intervenir tardivement.

Côté obligations, la déclaration précise de la nature d’occupation du logement reste incontournable. Toute erreur ou omission expose à un redressement fiscal. Ceux qui souhaitent basculer leur bien en résidence principale doivent s’attendre à des contrôles stricts : factures d’énergie, attestations de domicile, tout peut être exigé pour attester d’une occupation effective toute l’année.

Homme âgé examinant des documents dans sa cuisine

Outils et ressources pour vérifier si votre commune est concernée et anticiper la fiscalité

Pour savoir si votre commune figure dans la liste des communes concernées par la surtaxe sur les résidences secondaires, plusieurs ressources publiques existent. Le site du ministère du logement publie chaque année une liste officielle, actualisée, que l’on peut consulter facilement. Ce document précise les statuts de zones tendues et détaille les taux votés par chaque commune.

Le service des impôts met à disposition un simulateur permettant d’estimer la taxe d’habitation pour les habitations résidences secondaires. Il suffit d’indiquer l’adresse du bien pour visualiser l’impact de la majoration locale. En cas de doute, le BOFiP (Bulletin Officiel des Finances Publiques) détaille tous les critères d’éligibilité, les démarches de contestation et les points d’attention à connaître pour les propriétaires.

Les collectivités locales publient souvent en ligne les taux et modalités de la surtaxe habitation, parfois accompagnés de guides explicatifs. Aujourd’hui, près de 3 700 communes sont concernées, avec des majorations comprises entre 5 et 60 %. Les évolutions décidées localement, année après année, incitent à une surveillance régulière, surtout pour ceux qui envisagent d’acheter ou de transformer l’usage de leur logement.

Demain, la carte des communes concernées pourrait bien s’élargir encore. Entre fiscalité locale et tensions immobilières, les propriétaires auront tout intérêt à garder un œil ouvert… et à anticiper les prochaines décisions des élus.

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